Canva ou la mort du goût de la découverte de l’inconnu

Person Writing Notes on Her Notebook

Je vous partage une petite réflexion une petite réflexion que je me suis faite au bureau ces derniers temps et suite à la lecture entre autre de cet article.

Le contexte:

Dans mon service, nous accueillons actuellement plusieurs stagiaires qui viennent découvrir et travailler avec moi et les collègues sur différents projets. Les stagiaires qui ont une appétence pour le graphisme et l’audiovisuel nous font régulièrement des propositions de contenus multimédias sur différents sujets. N’ayant aucune vision graphique, cela m’arrange car ça me permet de valoriser le travail des stagiaires et de le faire évoluer avec eux à travers différentes itérations.

Néanmoins, un point qui me chagrine est souvent le même: ils utilisent quasiment tous les mêmes services en ligne (canva pour le graphisme, la suite google pour la bureautique et l’aspect collaboratif, un énième éditeur de vidéo en ligne etc, etc…). Etant un vieux connard rabougri, je crois encore au bon vieux logiciel traditionnel qui n’a pas besoin d’une connexion internet pour fonctionner.

Un stagiaire vient me voir pour faire un point d’étape sur une affiche. On la regarde ensemble, je lui fait une liste d’éléments à modifier et il ramène son mac pour venir les modifications en direct. Je le laisse bosser dans son coin tout en vérifiant de temps en temps et je le vois très vite s’énerver. Il revient me voir en me disant qu’il n’arrive pas à implémenter une modification.

Je regarde avec lui la modification qui le chagrine et lui indique qu’il faut qu’il positionne ses éléments sur différents plans pour se faciliter la tâche. Il me regarde un peu interloqué et m’annonce que son logiciel ne sait pas faire cela. Je le regarde, interloqué à mon tour, et lui demande de me montrer son logiciel. Il m’annonce qu’il n’utilise pas un logiciel spécifique mais un de ces énièmes services en ligne (Canva pour ne pas le citer) qui permet de « booster » la créativité des utilisateurs en leur proposant des modèles tout prêt et en leur réduisant le nombre de fonctionnalités.

J’essaie de jouer avec le truc, j’y arrive pas. J’exporte le fichier, le récupère, l’envoie dans mon bon vieux GIMP et montre au stagiaire comment je fais les changements. Une fois les modifs faites, l’affiche part à la communication pour les derniers réglages avant impression. Le stagiaire repart dans son coin, installe GIMP et revient me voir quelques jours plus tard lors de la pause repas pour m’en parler. Il m’indique être comment perdu avec l’interface, qu’il y a trop de fonctionnalités et qu’il se trouve moins performant en l’utilisant.

J’essaie de le rassurer en lui expliquant qu’il faut qu’il se familiarise avec la nouvelle interface, qu’il y aura forcément une courbe d’apprentissage avant qu’il trouve ses marques et je l’invite à aller fouiller dans les menus pour se familiariser avec l’ensemble des fonctionnalités offertes. Et il me pose LA question:

Pourquoi aurai-je besoin d’avoir accès à des fonctionnalités que je n’utiliserai jamais?

Le stagiaire

Et moi qui lui répond mon cryptique « Et pourquoi pas? »

S’en suit une discussion passionnée et passionnante où nous échangeons nos points de vues respectifs

Mon point de vue:

Comme dit précédemment, j’ai vraiment l’impression de passer pour un vieux connard rabougri qui passe son temps à dire: c’était mieux avant.

Pour moi, Canva, google suite et autres services en ligne font perdre le goût de la découverte. S’ils proposent des interfaces innovantes faciles à prendre d’accès, je ne peux me résoudre à perdre en fonctionnalité.

J’aime pouvoir personnaliser mon interface, tester les fonctionnalités à l »aveugle pour comprendre leurs impacts. Et je ne comprend vraiment pas pourquoi je suis obligé de me farcir des filigranes à la con sur mes propres créations. Bordel, j’en suis le créateur et pas un gentil utilisateur qui accepte bien volontairement de se contenter de ce qui lui est fourni.

La leçon que j’en tire:

On critique souvent les jeunes générations sur leur manque de goût, de culture et d’ouverture d’esprit. Dans des sociétés où tout va tellement vite qu’il est rassurant de se réfugier dans des valeurs sûres que l’on connaît comme le fond de sa poche, à nous de les faire sortir de la caverne et de leur élargir leur horizon.

Mais sachons aussi rester jeune dans nos têtes et soyons ouverts au changement de pratique.La formation, c’est tout au long de la vie ;).

Et vous, qu’en pensez vous?

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